Des Hommes Rongeant des Steaks

Translation by Hypathia: Feminist and Anti-Speciesist Blog. The original English version of this essay can be found by clicking here.
Man in a suit sits in front of a plate with a raw steak, knife and fork poised in his fists on the table

A la suite de mon essai “Des femmes riant seules avec des salades “, un collègue curieux google-ise ce qu’on pourrait considérer comme le contraire : des hommes mangeant des steaks. Ce qu’il a trouvé, et qui s’est trouvé confirmé lors de mes propres recherches d’images sur Google, est le thème répétitif  d’hommes s’agaçant les dents sur une grosse tranche de viande, souvent avec la fourchette et le couteau fermement plantés de chaque côté de leur assiette.

Man gnawing on raw steak

Le message primordial envoyé par ces images semble être ” JE SUIS UN HOMME ; L’HOMME A BESOIN DE VIANDE “. Ses poings bien alignés et leur prise ferme sur les ustensiles sont des codes genrés communs, présentant les hommes aux commandes et au contrôle de leur environnement.

De façon intéressante, les steaks sont presque toujours montrés crus. L’intention vraisemblable est de montrer la consommation de chair crue par les hommes (un comportement anti-naturel) comme naturelle. Le fait est souligné par l’abondance de photographies qui montrent des hommes consommant le steak directement sans l’aide de couverts, rongeant la chair comme s’ils étaient une espèce carnivore non humaine. A contrario, quand je cherche des images de femmes mangeant des steaks, à maintes reprises, elles sont aux prises avec de la viande crue positionnée au-dessus de leur tête, l’air accablé -personne ne mange la tête à la renverse. Ceci suggère aussi la soumission, une soumission souvent sexualisée à travers leur pose et leur nudité. Quand elles ont des couverts, elles sont davantage montrées les utilisant de manière faible ou peu sûre.

Woman Eating Steak

Par dessus tout, les images de femmes mangeant des steaks sont moins nombreuses, car la notion est contraire aux normes de genre. Quand on en trouve, il est clair que la hiérarchie des genres doit être préservée en démontrant que la consommation de chair (un acte de domination et de pouvoir) est moins naturelle et plus maladroite chez les femmes.

Women Cutting Steak

La viande est un symbole de masculinité. Donc, les hommes interagissent avec la viande pour démontrer leurs prouesses, les femmes interagissent avec la viande pour démontrer leur soumission.


Corey Lee WrennMs. Wrenn is the founder of Vegan Feminist Network and also operates The Academic Abolitionist Vegan. She is a Lecturer of Sociology with Monmouth University, council member with the Animals & Society Section of the American Sociological Association, and an advisory board member with the International Network for Social Studies on Vegetarianism and Veganism with the University of Vienna. In 2015, she was awarded Exemplary Diversity Scholar by the University of Michigan’s National Center for Institutional Diversity. She is the author of A Rational Approach to Animal Rights: Extensions in Abolitionist Theory.

Mujeres que se Ríen Solas con Ensaladas

Translation by María. María is active with Ochodoscuatro Ediciones, a non-profit anti-speciesist book house that is noted for translating Carol Adams’ The Sexual Politics of Meat into Spanish. You can view the original English version of the essay below by clicking here.

Por Corey Lee Wrenn

Lo has visto cientos de veces. Ya sabes, la mujer de ojos brillantes que se está comiendo una ensalada. La cabeza inclinada hacia atrás en gesto de júbilo histérico, aparece completamente superada por la gloriosa mezcla de vegetales que adornan su plato. El folleto promocional de tu cooperativa local de alimentos naturales incluye esta escena. La página web de tu cadena de supermercados las utiliza. Así como los carteles de las paredes de su centro de salud. Montones de organizaciones veganas las utilizan. Diablos, apuesto que, si recuerdo bien, yo misma he utilizado una para ilustrar una publicación en este blog al menos una vez.

Fotos de archivo de mujeres… sentadas solas… con una ensalada tan condenadamente hilarante, que no pueden evitar estallar en risas y deleite.

Hace poco, lo absurdo de estas imágenes ha atraído la atención en Internet, resultando en imitaciones: una página Tumblr, e incluso una obra de teatro.

Comer ensalada no es especialmente divertido. Rara vez induce al éxtasis. Por lo general, resulta más bien una experiencia difícil, que consiste en empujar desordenadamente hojas de lechuga en tu boca. A menudo no es satisfactorio: demasiado aliño, o no suficiente. En realidad, puede que estés pensando si se te ha quedado un trocito de lechuga entre los dientes, y eso te impide sonreír de oreja a oreja entre bocado y bocado. Comer ensalada es, habitualmente, una actividad ordinaria y aburrida.

Cuando tu ensalada no para de contarte chistes.

Pero comer ensalada es una actividad femenina, y como tal, la tarea debe ser realizada para contar una historia particular, que tiene una función cuando lo observamos y documentamos.

La teoría feminista vegana nos dice que los alimentos (aquello que comemos y cómo lo comemos) está firmemente arraigado en las normas de género. El consumo de verduras (siendo la ensalada el tópico omnipresente) es un comportamiento altamente feminizado. Los códigos de género también se manifiestan en la habitual hiper-emotividad de las mujeres en publicidad. Es decir; las mujeres son a menudo retratadas teniendo respuestas emocionales inapropiadamente extremas. La representación de este tipo se suma a la comprensión cultural de la feminidad como infantil, irracional e inmadura. En este caso, incluso un poco alocada. Estas imágenes refuerzan la condición de subordinación de las mujeres. Unir mujeres hiper-emotivas con alimentos hiper-feminizados construyen una perfecta iconografía sexista.

Hombre a punto de tomar un poco de ensalada, sonríe suavemente a la cámara.

Por supuesto, ya me han hecho el inevitable comentario “¡pero los hombres también!”. Es cierto, a veces también se muestra a hombres estando un poquito demasiado emocionados al comer ensalada. Pero, seamos sinceros; ellos aparecen con mucha menos frecuencia representados carcajeándose, con su cabeza echada hacia atrás, en ropa interior, o embarazados. La frivolidad del consumo de ensaladas es, en gran medida, un asunto femenino.

Mujer acostada en la cama con ropa interior blanca comiéndose una ensalada.

Cuando los hombres sean representados en el escenario improbable de comerse una ensalada recostados en una cama llevando un tanga blanco, entonces, hablemos.

 


Corey Lee WrennMs. Wrenn is the founder of Vegan Feminist Network and also operates The Academic Abolitionist Vegan. She is a Lecturer of Sociology with Monmouth University, a part-time Instructor of Sociology and Ph.D. candidate with Colorado State University, council member with the Animals & Society Section of the American Sociological Association, and an advisory board member with the International Network for Social Studies on Vegetarianism and Veganism with the University of Vienna. She was awarded the 2016 Exemplary Diversity Scholar by the University of Michigan’s National Center for Institutional Diversity. She is the author of A Rational Approach to Animal Rights: Extensions in Abolitionist Theory (2015, Palgrave Macmillan).

Des Femmes Riant Seules Avec des Salades

Translation by Hypathia: Feminist and Anti-Speciesist Blog. The original English version of this essay can be found by clicking here.

Woman eating outdoors

Vous les avez vues des centaines de fois. Vous savez, la dame croquant dans une salade, les yeux brillants. Tête rejetée en arrière avec une jubilation hystérique, elle est surprise par le glorieux mélange de végétaux qui agrémentent son assiette. Le tract promotionnel de votre coopérative locale d’alimentation naturelle en est orné. Le site web de votre chaîne d’épicerie les utilise. Ainsi que les affiches sur les murs de la salle d’attente de votre médecin. Des tonnes d’organisations véganes les utilisent. Zut, je parie que si je vérifie bien, j’en ai probablement montré une pour illustrer un des billets de ce blog au moins une fois.

Des stocks de femmes… assises seules… avec une salade tellement hilarante, qu’elles ne peuvent s’empêcher d’exploser de rire et de délice.

L’absurdité de ces images a attiré l’attention d’Internet, avec pour résultat des imitations: une page Tumblr, et même une pièce de théâtre.

Manger une salade n’est pas particulièrement drôle. Ça induit rarement l’extase. Habituellement, c’est plutôt une expérience difficile consistant à introduire maladroitement des feuilles de laitue ans votre bouche. C’est souvent insatisfaisant : trop ou pas assez d’assaisonnement. En réalité, vous craignez qu’un bout de laitue reste coincé entre vos dents, et ça vous empêche de sourire d’une oreille à l’autre entre chaque bouchée. En général, manger de la salade est une activité ennuyeuse et ordinaire.

Quand votre salade n’arrête pas de faire des plaisanteries:

Collection of stock photos showing women laughing while they eat a salad

Mais manger de la salade est une activité de femme, et comme telle, elle doit être accomplie de façon à raconter une histoire particulière qui a une fonction quand on l’observe et la documente.

La théorie féministe végane nous dit que la nourriture -ce que nous mangeons et comment nous le mangeons- est fermement enracinée dans des normes de genre. La consommation de légumes (avec la salade comme omniprésent cliché) est un comportement hautement féminisé. Les codes publicitaires genrés montrent aussi de façon régulière une hyper émotivité chez les femmes. D’où découle qu’elles y sont portraiturées avec des réponses émotionnelles extrêmes et inappropriées. Ces représentations ajoutent l’émotivité, l’infantilité et l’immaturité, à l’habituelle compréhension culturelle de la féminité. Ces images renforcent le statut de subordination des femmes. Apparier des femmes hyper-émotives avec des nourritures hyper-féminisées compose une parfaite iconographie sexiste.

Man about to eat a forkfull of salad, smiles softly to camera

Bien sûr, on m’a opposé l’inévitable argument “les hommes aussi”. Vrai, on nous montre des hommes s’excitant légèrement avec des salades, mais soyons honnêtes, ils sont moins fréquemment dépeints riant la tête rejetée en arrière, en sous-vêtements ou enceint.es ! La frivolité genrée de la consommation de salades est terriblement une affaire de femmes.

Woman laying on bed in white underwear eating a salad

Quand on nous montrera des hommes -scénario improbable- mangeant une salade, prostrés dans un lit, en string blanc, alors, OK, on en reparle.

 


Corey Lee WrennMs. Wrenn is the founder of Vegan Feminist Network and also operates The Academic Abolitionist Vegan. She is an instructor of Sociology and graduate student at Colorado State University, council member with the Animals & Society Section of the American Sociological Association, and an advisory board member with the International Network for Social Studies on Vegetarianism and Veganism with the University of Vienna. In 2015, she was awarded Exemplary Diversity Scholar by the University of Michigan’s National Center for Institutional Diversity. She is the author of A Rational Approach to Animal Rights: Extensions in Abolitionist Theory.

Men Gnawing on Steaks

Man in a suit sits in front of a plate with a raw steak, knife and fork poised in his fists on the table

Following my essay on Women Laughing Alone with Salads, a colleague became curious and googled what we might consider to be the reverse: men eating steaks. What he found, and what I was able to verify in my own Google image search, was the repeated theme of men gnashing their teeth at a big slab of flesh, often with a fork and knife firmly planted on either side of its plate.

Rather primordial, these images seem to read, “I AM MAN; MAN NEED MEAT.” The firm, just-slammed look of his fists and the strong grip they have on the utensils are rather common gender codes that present men as in control and in command over their surroundings.

Man gnawing on raw steak

Interestingly, the steaks are almost always shown uncooked. The intention is likely to portray men’s flesh-consumption (a very unnatural behavior) as natural. This is underscored by the frequency of stock photographs that show men consuming the steak directly without the help of utensils, gnawing on the flesh as though they were a carnivorous nonhuman species.

Interestingly, when I searched for images of women eating steaks, time and time again, they are grappling with raw flesh positioned above the head as though overwhelmed (people don’t eat upside down). It also seems to suggest subservience, a subservience that is frequently sexualized through pose and nudity. When she is using utensils, she is more likely to be handling them weakly or in an unsure manner.

Woman Eating Steak

Overall, images of women eating steaks are few, as the notion is contrary to gender norms. When pictured at all, it is clear that the gender hierarchy must be preserved by demonstrating that flesh consumption (an act of domination and power) is less natural and more awkward for women.

Women Cutting Steak

Meat acts as a symbol of masculinity. Therefore, men interact with meat to demonstrate their prowess, while women interact with meat to demonstrate their subservience

Women Laughing Alone With Salad

Woman eating outdoors

You’ve seen them a hundred times before. You know, the bright eyed salad crunching woman. Head thrown back with hysterical jubilee, she is overtaken by the gloriousness of the vegetable medley gracing her lunch bowl. The promotional flyer for your local natural foods co-op features them. The websites for major grocery chains use them. Educational pamphlets in your doctor’s office use them. Tons of vegan organizations use them. Heck, I bet if I checked into it, I probably used one to illustrate a blog post at least once.

Stock photographs of women… sitting alone… with a salad that is so damn hilarious, they can’t help but explode with laughter and delight.

Recently, the absurdity of these images has caught the attention of the internet, resulting in a number of memes, a tumblr page, and even a play.

Salad isn’t really funny. Rarely is it ecstasy-inducing. Usually it’s just a messy experience of trying to shove awkward lettuce leaves into your mouth. Often you’re dissatisfied and annoyed that you used too much dressing, or not enough. In reality, you’re checking your teeth for stuck pieces of lettuce instead of smiling from ear to ear between bites. Eating salad is, in general, a mundane affair.

Collection of stock photos showing women laughing while they eat a salad

But eating salad is lady’s work, and, as such, it must be performed accordingly to tell a particular narrative when being observed and documented.

Vegan feminist theory tells us that food–what we eat and how we eat it–is firmly rooted in gender norms. The consumption of vegetables (with salad being the ubiquitous cliché) is a highly feminized behavior. Gender codes also manifest in the regular hyper-emotionality of women in advertising. That is, women are often portrayed as having inappropriately extreme emotional responses. Representation of this kind adds to the cultural understanding of womanhood as infantile, irrational, and immature. In this case, even a little bit insane. These images reinforce women’s subordinate status. Pairing hyper-emotive women with hyper-feminized food items makes for a perfect storm in sexist imagery.

Man about to eat a forkfull of salad, smiles softly to camera

I have, of course, been presented with the inevitable, “Men, too!” argument. True, men are often shown to be just a little too excited about their salads. But let’s be honest: they are much less frequently depicted laughing, with their head thrown back, in their underwear, or pregnant. The gendered frivolity of salad consumption is very much so a feminine affair.

Woman laying on bed in white underwear eating a salad

When men are pictured in the improbable scenario of eating a salad prostrate on a bed in a white thong, then, okay, let’s talk.

 


Corey Lee WrennMs. Wrenn is the founder of Vegan Feminist Network and also operates The Academic Abolitionist Vegan. She is a Lecturer of Sociology with Monmouth University, a part-time Instructor of Sociology and Ph.D. candidate with Colorado State University, council member with the Animals & Society Section of the American Sociological Association, and an advisory board member with the International Network for Social Studies on Vegetarianism and Veganism with the University of Vienna. She was awarded the 2016 Exemplary Diversity Scholar by the University of Michigan’s National Center for Institutional Diversity. She is the author of A Rational Approach to Animal Rights: Extensions in Abolitionist Theory (2015, Palgrave Macmillan).